Le Houga

Mémoire

Commémoration du 11 novembre 2025

Discours de Mme Patricia Feuillet Galabert

CIMETIÈRE - CARRÉ DES CORPS RESTITUÉS

Mairie Le Houga - Carré Militaire - 11 novembre 2025

1915, à la fois si loin et si proche, c’est l’année des tranchées, c’est aussi l’année où pour la première fois fut utilisée l’arme chimique le 22 avril à YPRES. Ce jour là, les Allemands ont les premiers employé des gaz toxiques bien qu'ils aient adhéré au protocole de La Haye qui les avait interdits.

C’est l’année où 17 folgariens ont trouvé la mort. Voici leur parcours de vie constitué à partir des Archives départementales du Gers, Recensement des populations, fiches matricule militaire.

Voir la suite du discours de Mme Patricia Feuillet Galabert, Maire de Le Houga

LARRAT Raoul

né le 27 juin 1895 au HOUGA. Soldat 2ième classe au 11ième RI. Mort pour la France le 10 février 1915 à l’hôpital n°16 de CASTELSARRASIN (rougeole-pneumopathie) à l’âge de 20 ans. Acte transcrit au Houga le 17 février 1915.

Parents métayers au Bourdieu, Quartier Toujun -R 1911 p 21-

COURALET Joseph

né le 22 janvier 1889 au HOUGA, pointeur au 18ième régiment d’artillerie, MPF le 16 février 1915, à l’âge de 26 ans, à MESNIL les HURLUS, tué à l’ennemi.

Profession : Résidant à Cannes (Alpes maritimes) Chauffeur, mécanicien d’automobile. Parents journaliers au Moulié (Rte de Mont de Marsan).-R 1911 p13-

LAMARQUE Jean Joseph

est Mort pour la France le 1er septembre 1914 à l’âge de 27 ans, porté disparu, à CONSENVOYE dans la MEUSE.

Né au Houga le 14 Mars 1887. A résidé à Monlezun d’Armagnac, il exerçait la profession de forgeron. Ses parents journaliers, habitaient Haouret au quartier de Labéroge.

DUPUY Adrien

né le 21 juillet 1874 au HOUGA, 2ième classe au 88ième régiment d’infanterie MPF le 16 février 1915, à l’âge de 41 ans, à PERTHES les HURLUS de blessures de guerre.

Résidant à Caupenne Profession cultivateur. Les parents habitaient route de Mont Marsan (devant stade)

LABARBE Alfred

né le 8 décembre 1881à Hontanx, caporal au 88ième régiment d’infanterie, MPF le 25 février 1915, à l’âge de 34 ans, au château de RANTIVET à SUIPPES de blessures de guerre. Médaille militaire ; Croix de guerre avec étoile de bronze

Les parents sont métayers à Bouteben (proximité de Benquet) avec 3 enfants (R1906 p18)

DUTOURNE Jean

né le 23 septembre 1881 au HOUGA, soldat de 2ième classe, MPF le 9 avril 1915, à l’âge de 34 ans, à la CROIX sur MEUSE, tué à l’ennemi.

Parents profession : cultivateurs

CARRETE Victor Joseph

né 23 mai 1893 au Houga, 2ième classe au 7ième zouave de marche, MPF le 23 avril 1915, à l’âge de 22 ans, à LANGEMARK en Belgique, tué à l’ennemi.

Agriculteur à Magnan.

A un frère Victor MPF le 26 sept 1914 à l’âge de 33 ans à PERTHES LES HURLUS dans la Marne

Parents résidants au Houga à Cendron (route de Nogaro avant Flaquet)

NALIS Emile

né le 15 février 1887 à Perchède, soldat 2ième classe au 88ième RI. Mort pour la France le 9 mai 1915 à l’âge de 28 ans à ROCLINCOURT dans le Pas de Calais, tué à l’ennemi. Acte transcrit au Houga le 15 novembre 1920.

Cultivateur : agriculteurs à Perchède. Parents domiciliés à Perchède.

SAUVAGE Jean

né le 13 décembre 1895 au HOUGA, soldat au 7ième RI. Mort pour la France le 12 mai 1915, à l’âge de 20 ans à ETRUN (Pas de Calais) dans l’ambulance 11/18 de blessures de guerre. Acte transcrit au Houga le 28 juillet 1915.

Parents profession : cultivateurs

MARRAST Victor

né le 29 janvier 1891 à SAINT GEIN, soldat au 14ième RI. Mort pour la France le 17 mai 1915 à l’âge de 30 ans à MINGOVAL dans l’ambulance 14/17 d’une maladie imputable au service. Campagne contre l’Allemagne du 20/02/1915 au 17/05/1915.

Profession : cultivateur. Résidants à la Tastère quartier de SAINT AUBIN.

LAFFARGUE Faustin

né le 15 février 1883 à CORNEILLAN , sergent au 83ième RI. Mort pour la France le 16 juin 1915 à ARRAS (Pas de Calais) à l’âge de 32 ans, tué à l’ennemi. Acte transcrit au Houga le 7 juin 1921

Profession Boulanger au Houga, maison : Chartreuse (en face actuelle Poste)

DUSCLAUX Jean

né le 25 juin 1877, sapeur conducteur au 2ième régiment du génie, décédé le 7 juillet 1915, à l’âge de 38 ans, suicide.

MAURANX Gérard

né le 23 février 1880 au HOUGA, soldat au 44ième RI. Mort pour la France le 21 juillet 1915 à l’âge de 35 ans, à FONTENOY (Aisne), tué à l’ennemi. Acte transcrit à ESCALANS (Landes) le 24 avril 1916.

Profession : cultivateur à Maurranx (quartier de Toujun)

DUPEYRON Victor

né le 31 octobre 1895 au Vignau, soldat au 14ième régiment d’infanterie, MPF le 7 septembre 1915 à l’âge de 20 ans, dans l’ARGONNE, disparu au combat.

DESTEPHE Germain

né le 23 juin 1884 à Toujouse, 2ième classe au 143ième régiment d’infanterie, MPF le 26 septembre 1915, à l’âge de 31 ans, à la Main de Massiges, tué à l’ennemi.

Profession : viticulteur. Parents résidants à Toujouse.

LACAZE (Pierre) Augustin

né le 12 novembre 1887 au HOUGA, 2ième canonnier conducteur au 18ième régiment d’artillerie. Mort pour la France le 5 octobre 1915 à l’âge de 28 ans, à FOSSEUX (Pas de Calais) dans l’ambulance 7/40 suite de blessures de guerre. Acte transcrit au Houga le 3 février 1916.

Résidant à Mont de Marsan exerçant la profession de Sellier. Les parents habitent au Houga.

DANTES Joseph

né le 7 mars 1895 au Houga, 2ième classe au 162ième régiment d’infanterie, MPF le 6 octobre 1915 à l’âge de 20 ans, à AUBERIVE sur SUIPPES, tué à l’ennemi.

Résidant à Panjas exerçant la profession d’agriculteur. Les parents habitent à Panjas.

Il est essentiel que nous nous retrouvions ici, toutes générations confondues pour faire revivre ces hommes sacrifiés, pour qu’ils ne soient pas emportés par l’oubli.

Lutter contre l’oubli, c’est dire le calvaire que ces hommes ont vécu dans l’enfer qu’était la boue des tranchées.

Venir ici tous les ans et ensuite au monument aux morts, c’est un devoir d’éducation envers les générations futures, c’est simplement faire notre devoir de citoyen. L’implication des enfants du groupe scolaire et de leurs enseignantes participe activement à ce devoir de transmission.

Fermer le discours de Mme Patricia Feuillet Galabert, Maire de Le Houga

MONUMENT AUX MORTS

Dans cette guerre massacre où des millions de jeunes hommes laissèrent leur espérance, où la génération âgée enterra la plus jeune où les femmes remplacèrent les hommes au travail, où des enfants et leur mère attendirent désespérément une lettre signe de vie, où toute famille angoissait de voir entrer dans une cour de ferme le maire du village annonçant la terrible nouvelle, dans cette guerre dont l’histoire officielle refusa longtemps d’en évoquer la cruauté, la tragédie, on oublia de rappeler que 700 000 corps dont 300 000 français disparurent sous des amas de terre, ensevelis, déchiquetés, impossible à identifier. L’horreur, l’indicible. Pour les familles de ces soldats disparus la vie ballota entre espoir qui s’estompait jour après jour et désespoir, incapacité de faire le deuil sans corps, sans tombe.

Voir la suite du discours de Mme Patricia Feuillet Galabert, Maire de Le Houga

Le 1ier février 1918 arrive à Lyon en provenance d’Allemagne, un train de prisonniers. Parmi eux, un homme dira s’appeler Ànthelme Mangin. Il a tout oublié, il est amnésique et le parcours à la recherche du passé s’arrêtera en 1939 quand la cour d’appel de Montpellier confirmera son identité retrouvée. Anthelme Mangin s’appelait Octave Monjoin.

La presse l’avait qualifié de "soldat inconnu vivant". Sa photo s’afficha sur les quotidiens de l’époque, de multiples familles voulurent reconnaître en lui un frère, un père, un époux. Des familles acharnées à le chérir. Ànthelme Mangin, vivant à l’hôpital psychiatrique de Rodez recevra de nombreuses visites toutes empreintes d’émotion mais aussi de certitudes. Ànthelme devint à son insu un véritable héros vivant, les familles se disputant son origine et son identité. Jean Anouilh s’inspira de cette histoire dans la pièce "un voyageur sans bagage".

Octave Monjoin reconnut sa maison natale à St Maur en septembre 1933. Maison natale qu’il ne rejoignit jamais, la fuite du temps l’ayant laissé sans famille. Il mourut en 1942, pendant une autre guerre, cruelle comme toutes.

Derrière le nom des morts que nous énonçons devant le monument sont incrustés la souffrance, l’accablement de familles portant pendant des décennies l’absence des êtres chers.

Il y eut pendant cette guerre des révoltes de soldats sauvagement réprimées. Il y eut aussi, rarement certes, fraternisation entre poilus et soldats allemands. Mais quand le nationalisme est en route, s’emparant des esprits, il écrase les valeurs universelles : l’humanisme de Jaurès, la fraternité, les solidarités.

Nous sommes réunis devant ce monument toutes générations confondues pour affronter l’oubli, l’oubli second linceul des morts comme l’écrivit George Sand.

"Comment vous regarder sans voir vos destinées, fiancés de la terre et promis des douleurs". Ce vers du poème d’Aragon « Tu n’en reviendras pas » nous oblige, au nom de ces générations sacrifiées, à chérir notre démocratie. Elle est imparfaite mais face au nationalisme, au populisme qui avancent sans honte, qui défient notre histoire, nous devons ensemble la porter vers des idéaux de paix et de justice. Il est temps de nous ressaisir.

Fermer le discours de Mme Patricia Feuillet Galabert, Maire de Le Houga