Le Houga

Mémoire

Commémoration du 11 novembre 2023

Discours de Mme Patricia Feuillet Galabert

CIMETIÈRE - CARRÉ DES CORPS RESTITUÉS

Mairie Le Houga - Carré Militaire - 11 novembre 2023

Par son hécatombe, la Grande Guerre modifia profondément la mort du soldat. La violence des combats généra un véritable carnage, mutilant les corps, les anéantissant, voire les faisant disparaître à jamais.

Ceux qui sont enterrés dans les cimetières communaux, éparpillés aux quatre coins de France, sont moins nombreux que ceux qui reposent dans les vastes nécropoles nationales du front. Pourtant, ils représentent la Grande Guerre, son hécatombe.

C’est pourquoi, nous leur devons cet hommage, chaque 11 Novembre, afin de ne pas livrer leur histoire à l’oubli. Grace au recensement des populations de 1911 et à leur livret militaire nous avons pu reconstituer leur parcours de vie vers la souffrance et la mort.

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BRUNET Marcel

est né le 17 août 1900 au HOUGA, ses parents habitent au Houga Le père exerce la profession de cordonnier, là où nous avons connu la cordonnerie de Paul Dunouau.

A 18 ans, il s’engage comme volontaire pour la durée de la guerre le 27 Août 1918 à la mairie de Nogaro. Incorporé le 29 Août 1918 au 14e régiment d’artillerie de campagne, il décèdera le 10 Septembre 1918 à l’âge de 18 ans à l’hospice mixte de Tarbes des suites de maladie contractée en service.

Campagne contre l’Allemagne du 27 Août au 10 septembre 1918.

DULOM Joseph

est né le 3 février 1882 au Houga. Il vit avec ses parents et son frère Jean. Ils sont cultivateurs et métayers à Cantounet quartier de Labéroge.

Incorporé au 88ieme régiment d’infanterie du 14 Septembre 1904 au 20 Janvier 1906, il est mobilisé le 01 Août 1914. Mort pour la France le 6 juin 1917 à l’âge de 35 ans à l’hôpital complémentaire de Béziers des suites de blessures de guerre.

Campagne contre l’Allemagne du 28 Décembre 1914 au 6 Juin 1917.

MANCIET Célérin

est né le 7 Mai 1887 à Duhort Bachen, il est marié à Marie Joséphine Benquet au Marsau à Saint Aubin et est père de 3 enfants. Il exerce la profession de charron et habite à la Tastère chez Mme Despagnet.

Incorporé le 8 Octobre 1908 au 133e régiment d’infanterie envoyé en disponibilité le 25 Sept 1910. Mobilisé le 1ier Août 1914. Réformé par la commission spéciale de Mont de Marsan le 3 Juillet 1915 pour bacillose pulmonaire, Mort Pour la France le 30 Juillet 1916 à l’hôpital complémentaire n°38 de Mont de Marsan, à l’âge de 29 ans, avis transcrit le 14 août 1916.

Campagne contre l’Allemagne du 03 Août 1914 au 30 Juillet 1915.

TAUZIN Henri

né en 1906. Une famille Tauzin vit à Lapeyrère quartier de la Hittère, ce sont des cultivateurs métayers. MPF en 1926 à l’âge de 20 ans en Allemagne occupée.

LARRAT Raoul

est né le 27 juin 1895 au HOUGA. Ses grand parents et parents sont cultivateurs et métayers au Bourdieu quartier de Toujun.

Soldat de 2ème classe, Incorporé le 14 Décembre 1914 au 11ème Régiment d’Infanterie. Il est Mort pour la France le 10 février 1915 à l’annexe de l’hôpital temporaire n°16 de CASTELSARRASIN (rougeole-pneumopathie) à l’âge de 20 ans. Acte transcrit au HOUGA le 17 février 1915.

Campagne contre l’Allemagne du 20 décembre 1914 au 10 février 1915.

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MONUMENT AUX MORTS

Mairie Le Houga - Monument aux morts - 11 novembre 2023

Nous sommes ce matin du 11 Novembre, fidèles, devant notre monument aux morts, pour nous rassembler autour de la mémoire de ces jeunes hommes tombés dans cette terrible guerre, première d’un siècle qui engendra tant de malheur. Élevés au rang de héros, ils seront célébrés peu à peu, notamment à travers la littérature d’écrivains comme Henri Barbusse, Maurice Genevoix, et Henri Chevalier, comme des sacrifiés ayant enduré souffrance et désespoir. Cette question se posera toujours : pourquoi et comment les poilus ont-ils tenu dans l’enfer des tranchées ?

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1er Août 1914. Le tocsin des églises déchire l’air, le silence des campagnes. C’est la mobilisation générale.

Contrairement à la légende, la mobilisation d'août 1914 ne fut pas accueillie avec enthousiasme. Dans les campagnes, les hommes se mobilisèrent dans le calme et abandonnèrent familles et moissons pour partir au front, sans se révolter.

Certes, il y eu des mouvements d’effusion, notamment lors des défilés organisés avant le départ, dans les villes de garnison ou dans les gares où se rassemblaient les soldats. Des régiments, musique en tête, partaient acclamés par la foule, mais la majorité des gens passa de la stupeur à la résignation.

Les conscrits se consolaient en songeant qu’ils seraient de retour avant l’hiver. A Noël ils retrouveraient familles et premiers amours.

Mais très vite la réalité de la guerre va s’immiscer dans les corps et les cœurs des soldats. On rejoint les casernes, on reçoit les paquetages bien lourds, 35kg par temps sec, faits de bric et de broc, marmite, gourde, pelle pour creuser dans les tranchées, capote bleue, képi et pantalon rouge bien repérable, couverture roulée, fusil Lebel, grenade.

Après les derniers adieux, les derniers regards, on rejoint les gares et d’interminables journées de train vous amènent vers le front. Puis on marche, on marche courbés direction la Marne, les Ardennes, souvent canalisés par des gendarmes à cheval au cas où on voudrait fuir.

Le premier choc vient avec le premier homme tombé dans les tranchées. Et l’horreur s’installe toujours plus loin dans l’indicible, l’enfer, le fracas étourdissant des bombes, les lambeaux terreux, les corps disloqués, les copains de village abandonnés, démembrés, l’odeur putride, les nuages lourds des gaz qui habitent les boyaux et obligent à se mettre à découvert et devenir des cibles faciles pour l’ennemi.

Longtemps on n’a pas dit le martyr de nos ancêtres. Mais grâce à des écrivains comme Henri Barbusse, Georges Duhamel, à des œuvres cinématographiques récentes – Au revoir là haut, joyeux Noël, un long dimanche de fiançailles – est remonté le calvaire de nos aïeux. Sur les murs des monuments aux morts s’affichent leurs noms. A chacun d’eux est lié une histoire personnelle, une souffrance indescriptible. Il ne faut pas que le temps efface le souvenir de ces vies brisées, anéanties.

Nous sommes aujourd’hui, autour de notre monument, très sensibles à la présence des enfants et des enseignants du groupe scolaire Jean Jaurès et au travail de mémoire effectué. Jean JAURES, pacifiste, assassiné quelques heures avant le début de la guerre, victime de son "amour ardent de l’humanité", comme l’a dit Léon JOUHAUX.

Enfants de nos écoles, faites perdurer à travers les décennies futures, la vie maudite de ces hommes et le récit de leur chemin de croix.

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