Le Houga

Mairie

Commémoration du 6 août

Discours de Mme Patricia Feuillet Galabert

Commémoration du 6 août 2018

Aujourd’hui, 6 août 2018, une nouvelle fois, il nous faut nous souvenir de ceux qui ont donné leur vie et leur jeunesse pour la PAIX, la DEMOCRATIE et la LIBERTÉ.

Nous sommes ici réunis pour ne pas oublier. Ne pas oublier qu’un dimanche matin, le 6 août 1944, le village se réveillait dans un épais brouillard et allait vivre des heures de terreur, d’angoisse, de soupçons.

Nous sommes ici réunis car les communes du HOUGA et de TOUJOUSE sont liées dans la tragédie du 6 août, liées dans la commémoration, comme les résistants étaient liés dans leur combat pour la liberté.

Nous sommes ici réunis pour témoigner qu’il y a à peine 74 ans, la guerre, la torture sévissait chez nous dans notre village.

Nous sommes ici réunis pour assurer le lien entre les témoins de l’Histoire et les jeunes générations.

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Le 6 août 1944, Henri THIEBAUD a rendez vous à l’Hôtel LAFONTAN au HOUGA avec Mme PEGUY qui lui apporte des cartes d’alimentation.

Ce jour-là, au petit matin, Le HOUGA est envahi par un détachement de soldats allemands. L’hôtel est perquisitionné, Melle LAFONTAN, Mme PEGGY, le couple KOLN, Mr STOPLER, le garagiste Jean LABORDE, Mr BROCAS, Mr COMBELLE sont arrêtés. L’hôtel est pillé, tout est emporté et le bâtiment détruit à l’explosif.

Les personnes arrêtées sont transférées à Mt de MARSAN puis au fort du Hâ, d’où elles sont libérées le 28 août, les nazis n’ayant pas eu le temps de les déporter

Henri THIEBAUD sera conduit dans le bois de Bascaules par les soldats nazis. Il y sera fusillé, à l’âge de 43 ans, avec Pierre FARINES, âgé de 22 ans, capturé par les allemands alors qu’il était en mission de ravitaillement de deux camarades qui montaient la garde, et Jean LABASTIE, âgé de 32 ans, arrêté par un barrage allemand alors qu’il allait prévenir Henri THIEBAUD à l’hôtel LAFONTAN.

Comme chaque année, nous leur rendrons hommage tout à l’heure, à l’endroit même où ils ont été exécutés.

L’explosion de l’hôtel LAFONTAN, plastiqué par les soldats nazis, l’arrestation puis le retour de Marthe LAFONTAN, de Jean LABORDE ont longtemps secoué les mémoires.

Chacun d’entre nous a dans ses souvenirs un évènement lié à cette journée, chacun d’entre nous a par essence une relation affective avec ces faits. La mémoire est donc toujours subjective, partiale, mythifiée, voire amnésique, et de ce fait plurielle.

Modestement, par le biais des pupitres qui jalonnent le parcours de mémoire, nous avons voulu retracer le déroulement de cette journée pour participer au devoir d’histoire.

Car l’histoire a pour but de dépasser les représentations subjectives, en effectuant une étude critique des diverses sources et des différentes mémoires, pour reconstruire les événements passés le plus objectivement possible.

C’est ce devoir d’histoire qui nous permet de rendre hommage à Henri THIEBAUD, Pierre FARINES et Jean LABASTIE qui sont allés jusqu’au sacrifice de leur vie pour que nous puissions aujourd’hui vivre en paix.

C’est ce devoir d’histoire qui nous oblige vis-à-vis des jeunes générations dont je salue la présence ici ce matin. Henri THIEBAUD, Pierre FARINES et Jean LABASTIE ont porté haut et fort les valeurs républicaines que nous nous devons de défendre, et d’expliquer encore aujourd’hui.

Parmi les jeunes ici présents, je souhaite mettre à l’honneur ALBANE. En effet, ALBANE tu as participé cette année, et tu es lauréate du concours national de la résistance et de la déportation dans la catégorie, devoirs individuels collèges. Je tiens à préciser que 517 élèves provenant de 11 collèges et de 3 lycées étaient inscrits, 20 élèves ont été récompensés.

Albane, je te félicite au nom de tous les folgariens, la passion pour l’histoire est pour toi une "histoire de famille" je te souhaite de poursuivre sur ce chemin qui est le meilleur des guides pour construire un futur prometteur.

Le thème, cette année, était le suivant : "S’engager pour libérer la France". C’est ce qu’Henri THIEBAUD, Pierre FARINES et Jean LABASTIE ont fait parce qu’ils étaient prêts à prendre des risques face à des adversaires qui n’avaient plus rien à perdre, parce qu’ils ont combattu pour la vie jusqu’au sacrifice ultime pour permettre à ceux qui ont survécu de vivre dans un pays libre.

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